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La lèpre persiste en Polynésie

Maladie contagieuse, elle circule toujours en Polynésie. Entre trois et huit nouveaux cas sont détectés chaque année. Elle se soigne parfaitement bien.


En Polynésie la lèpre continue à circuler. Cette maladie peu contagieuse se soigne pourtant très bien. Entre deux à huit nouveaux cas par an sont diagnostiqués. Au cours des 20 dernières années, le chiffre stagne.


À Orofara, il reste sept patients, contre 150 il y a un siècle.

Causes

La lèpre est une maladie due à une bactérie baptisée Mycobacterium leprae. Cette bactérie se transmet de deux manières :

  • soit par contact, si une personne non infectée a une plaie dans laquelle pénètre la bactérie.

  • soit en respirant des gouttelettes d’origine nasale ou salivaire (toux et expectoration, gouttelettes de salive, éternuement) lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées et non traitées.

Comparée à la tuberculose, la lèpre n’est pas très contagieuse.


Une maladie silencieuse

Il faut savoir tout d’abord que sur dix personnes infectées, une seule va développer la maladie. Il faut plusieurs mois et même parfois des dizaines d’années pour que la maladie se déclare. Et c’est pourquoi le dépistage est difficile.


Le bacille (une bactérie de forme allongée dite « en bâtonnet ») de la lèpre se multiplie très lentement. La période d’incubation est en moyenne de 5 ans, les symptômes quant à eux peuvent apparaître beaucoup plus tard, parfois au bout de 20 ans !


Symptômes

La lèpre est responsable de l’apparition de lésions cutanées et nerveuses. Si aucun traitement n’est mis en place, les lésions s’étendent : peau, nerfs, membres, yeux. Elles peuvent devenir irréversibles et permanentes.


Si vous constatez une zone dépigmentée sur votre peau et insensible, cela peut être un symptôme de la lèpre. Il est important de consulter.


Traitement

Quand le traitement arrive tôt dans le développement de la maladie cela évite les invalidités. Et bien souvent l’exclusion car, les personnes atteintes de la lèpre restent mises de côté dans la société.


Les antibiotiques sont rapides et efficaces. Il tue très vite plus de 99% des bacilles. Le patient alors n’est plus contagieux. Le problème est que pour supprimer les bacilles résiduels il faut des mois. Entre 12 à 24 mois pour se débarrasser complètement du bacille.


Attention, les antibiotiques s’occupent de la présence des bactéries et non des symptômes. Lorsque les lésions sont trop étendues, rien ne permet de revenir en arrière.



Historique

Les textes anciens témoignent de la présence de lèpre en Chine, Inde, Égypte dès 600 avant JC.


Selon le docteur en médecine Pascal Sellier qui a signé un article dans « Archéologie de la santé – anthropologie du soin » (2019), le cas archéologique et clinique (paléopathologique) du site funéraire de Manihina (Ua Huka aux Marquises) est le premier exemple avéré de lèpre ancienne de la période pré-Contact. Il permet de discuter de nouvelles hypothèses sur la circulation des populations humaines et des germes pathogènes en Océanie.




Titre : The ‘Common House’ of the Leper-house of Orofara Auteur : inconnu - Date : 1924/1927 Sujet : La maison commune du village des lépreux d’Orofara. Devant le bâtiment, deux diaconesses envoyées par la Société des missions évangéliques de Paris (société missionnaire évangélique parisienne) entre 1924 à 1927, en tant qu’infirmières: Sœur Rosa Lefebvre et Sœur Marthe Junker. Elles sont sur la photo avec trois Polynésiens : Ani de Maupiti, Viri de Raitea et Julot de Papeete. Le village des lépreux d’Orofara, situé dans une vallée de Mahina (Tahiti), a été créé en 1914 par le gouvernement colonial. Type : Photographie sur papier Identifiant : SMEP/PF.PP.175-14876 Droit : Défap – Service protestant de mission, Paris





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